LINDEPENDANTSN.COM-L’affaire ASER est loin de livrer tous ses secrets. Bien au contraire. Pour Thierno Alassane Sall, elle est devenue le révélateur d’un malaise profond du système judiciaire et administratif sénégalais. Face à la presse aujourd’hui, le député et leader de la République des Valeurs (RDV) a annoncé envisager le dépôt d’une plainte en Espagne, estimant que « la lumière peine à être faite sur l’utilisation de financements impliquant des partenaires étrangers. »
Constatant que « la lumière peine à être faite sur l’utilisation de financements impliquant des partenaires étrangers, » Thierno Alassane Sall n’exclut pas de déposer une plainte en Espagne
Au cœur du dossier, des marchés liés à des programmes financés par des bailleurs espagnols, impliquant l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER) et des projets connexes touchant au secteur de l’artisanat. Malgré des décisions administratives et judiciaires successives, les interrogations persistent, relatives à la traçabilité des fonds, la régularité des procédures de passation des marchés et les responsabilités des différentes parties prenantes.
« Quelle que soit la décision rendue (par la Cour suprême), elle restera sans effet tant que les partenaires n’auront pas la certitude que les fonds ont été utilisés conformément aux engagements »
Selon Thierno Alassane Sall, « la Cour suprême s’est prononcée sur certains aspects, mais les projets restent à l’arrêt ». Une situation qui, dit-il, pousse les bailleurs espagnols à geler tout décaissement, faute de garanties sur l’utilisation conforme des fonds. Résultat : des programmes paralysés depuis plus d’un an, au détriment des populations bénéficiaires et des acteurs de l’artisanat local. « Quelle que soit la décision rendue, elle restera sans effet tant que les partenaires n’auront pas la certitude que les fonds ont été utilisés conformément aux engagements », martèle l’ancien ministre.
Face à ce qu’il qualifie d’impasse nationale, Thierno Alassane Sall n’exclut plus une saisine de la justice espagnole. Une option qu’il présente comme un moyen de garantir l’indépendance des investigations, de rassurer les bailleurs et, paradoxalement, de restaurer la crédibilité des institutions sénégalaises.


