LINDEPENDANTSN.COM-Ce qui s’est passé autour de la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’ONU n’a rien d’un simple incident diplomatique. C’est une tentative de contourner les règles, de fabriquer un consensus inexistant, de forcer la main au continent en misant sur l’opacité et la confusion. Et cette tentative a été stoppée net dès qu’elle a quitté le terrain des arrangements internes pour entrer dans un espace où les institutions ne se manipulent pas et où les procédures ne se tordent pas au gré des ambitions personnelles.
Il faut le dire avec clarté : le Sénégal a été trop longtemps habitué à des manipulations constitutionnelles, à des réinterprétations opportunistes, à des pratiques qui ont fragilisé la confiance dans les institutions. Peut‑être que le candidat du Burundi a cru que ces méthodes pouvaient être exportées, comme si l’Afrique entière fonctionnait selon les mêmes logiques. Il a oublié une vérité essentielle : l’Afrique n’est pas le Sénégal, et même au Sénégal, cette époque est en train de s’achever. Le pays entre dans une nouvelle ère, portée par des autorités qui ont choisi la neutralité, la responsabilité et le respect des règles. Leur refus de s’associer à cette opération diplomatique hasardeuse montre que le Sénégal, sous ce nouveau gouvernement, s’engage résolument dans une voie plus saine, plus crédible et plus conforme aux standards internationaux. Cette affaire n’est pas une question de nationalité ; c’est une question de crédibilité pour le Sénégal.
Sur la scène internationale, les illusions ne durent jamais longtemps. Les consensus ne se bricolent pas. Les mandats ne s’inventent pas. Les institutions ne se laissent pas instrumentaliser par des opérations de communication déguisées en décisions collectives. Ce qui a été tenté relève d’une méthode dépassée, d’une vision archaïque de la diplomatie, d’une manière de faire qui n’a plus sa place ni en Afrique ni ailleurs.
Dans cette affaire, la réaction du Nigeria a été déterminante. Elle a été ferme, frontale, sans ambiguïté. Elle a rappelé que le continent n’est pas un terrain de jeu pour ambitions improvisées. Elle a rappelé que la crédibilité africaine repose sur la rigueur, la discipline institutionnelle et le respect des règles. Elle a rappelé que les grandes nations africaines ne laisseront plus des initiatives solitaires être présentées comme des positions communes. Ce rappel à l’ordre n’était pas seulement utile ; il était indispensable.
Cette séquence doit marquer un tournant. L’Afrique ne peut plus tolérer que des pratiques internes, parfois marquées par la confusion volontaire ou la manipulation, soient projetées sur la scène internationale. Elle ne peut plus accepter que des présidences tournantes soient utilisées comme des tremplins personnels. Elle ne peut plus permettre que des ambitions individuelles se fassent passer pour des décisions collectives.


