LINDEPENDANTSN.COM-Le projet de construction du siège de la Délégation Générale à l’Entreprenariat Rapide (DER) et de son centre d’incubation pour startups, dont la réalisation pour un montant de plus de 17 milliards FCFA confiée à SERTEM Groupe connait un nouveau tournant.
Le marché de ce complexe immeuble intelligent (smart building) en R+7 avec deux sous-sols qui doit abriter à la fois les bureaux de la DER et un espace dédié à l’innovation, à la créativité et à l’accompagnement des jeunes entrepreneurs sénégalais a été resilié.
La Déléguée générale à l’Entrepreneuriat Rapide des Femmes et des Jeunes (DER/FJ) encore au cœur d’une polémique qui suscite des interrogations sur sa gouvernance après une résiliation brutale du marché public de plus de 17 milliards de FCFA dans des conditions que l’entreprise attributaire, SERTEM GROUPE, juge “abusives” et “illégales”.
Dans une note transmise à la rédaction, l’entreprise en charge du chantier, SERTEM GROUPE, se défend et affirme que : » le taux réel des gros œuvres atteignait 49%, et que le blocage du projet ne relève pas d’une défaillance technique, mais bien d’un enchaînement de manquements de la DER elle-même qui motive sa décision par un “retard considérable” dans l’exécution des travaux, évoquant un taux d’avancement de 16%. »
Poursuivant, SERTEM GROUPE juge le délai inacceptable pour un projet d’une telle envergure, surtout pour une structure censée incarner la rapidité et l’efficacité.
La société de construction révèle que « le marché en question aurait été attribué à une autre entreprise, dans des conditions illégales et opaques où les règles de transparence des marchés publics semblent sérieusement mises à mal et soutient avoir perdu un an avant même le démarrage réel des travaux à cause des retards administratifs tels que l’Ordre de service mars 2022 ; Validation définitive des plans : février 2023. »
Selon SERTEM GROUPE « il y’aurait une tentative de surfacturation dans la mesure ou le nouveau marché est maintenu à hauteur de 17 milliards FCFA, alors même que près de 49% des travaux ont déjà été réalisés par lui même. Une situation qui laisse entrevoir un scénario alarmant : payer l’intégralité d’un projet déjà exécuté à moitié. autrement dit l’État paierait deux fois pour le même chantier, pour des travaux déjà engagés. Une telle perspective constitue une dérive grave dans la gestion des deniers publics. »
L’entreprise BTP précise que « Certaines factures sont en souffrance depuis septembre 2022 et des retards dépassent parfois 1 000 jours avec une situation financière préoccupante : 2,6 milliards FCFA de décomptes impayés rendant impossible la poursuite normale des travaux, allant jusqu’à provoquer une suspension légale du chantier. »
Dans la même foulée, SERTEM GROUPE met à nu les manquements graves aux obligations contractuelles de la DER/FJ: « absence de délivrance complète des exonérations fiscales et douanières. Alors que le contrat prévoyait des exonérations sur la totalité du marché. Seule une partie a été accordée, avec 21 mois de retard obligeant l’entreprise à supporter elle-même des charges financières qui incombaient à la DER. »
Par la même occasion, la société de construction dénonce une décision précipitée et incohérente de la DER: « Malgré plusieurs courriers, mises en demeure et demandes de reprise du dialogue : aucune réponse n’a été fournie par la DER. On note aussi une absence d’interlocuteurs sur le chantier et un départ du bureau de contrôle sans remplacement. une mise en demeure d’achever les travaux en 15 jours suivie d’une résiliation du contrat et d’une activation des garanties financières ».
En conclusion, SERTEM GROUPE qui s’inquiète de la transparence dans la gestion des fonds publics, la crédibilité des institutions et surtout la sécurité juridique des investisseurs, s’interroge sur le fait qu’une une structure publique censée soutenir l’entrepreneuriat puisse accumuler autant de défaillances dans un projet stratégique ?
L’entreprise BTP annonce avoir saisi le tribunal pour contester la résiliation, bloquer l’appel des cautions, mais aussi empêcher l’accès au chantier à des tiers.
Absa Sow


