LINDEPENDANTSN.COM-Le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP) appelle à une refondation profonde de ses relations avec l’État. Réunis en table ronde hier, jeudi 9 avril, à Dakar sous la présidence du ministre des Infrastructures, Déthié Fall, les professionnels ont dressé un diagnostic sans concession et formulé des propositions pour relancer une industrie en grande difficulté. Dès l’ouverture des travaux, Oumar Ndir, président du Syndicat professionnel des entrepreneurs du BTP du Sénégal (SPEBTPS), a mis en lumière les fragilités persistantes du secteur en évoquant des retards chroniques de paiement, un accès limité au financement, une instabilité de la commande publique, des insuffisances dans les études techniques et une discipline contractuelle défaillante.
Ces contraintes combinées aux mutations rapides du marché, pèsent lourdement sur la compétitivité des entreprises locales. Le constat est partagé par Cheikh Ahmed Tidiane Sy, vice-président du Conseil national du patronat (CNP), qui évoque une « fatigue généralisée » des acteurs, confrontés à un environnement instable et à une concurrence déséquilibrée.
Pour sa part, le président du CNP, Baïdy Agne, a insisté dans une vidéo sur l’urgence d’apurer la dette intérieure due aux entreprises du secteur, condition essentielle pour restaurer leur trésorerie et la confiance.
Pour répondre à ces enjeux, les acteurs proposent un « New Deal pour les infrastructures » articulé autour de quatre priorités qui consistent à renforcer le rôle du secteur privé national dans la conduite des grands projets, favoriser la création de consortiums capables de rivaliser sur les marchés d’envergure, développer des partenariats public-privé (PPP) plus ambitieux et mobiliser davantage les financements locaux et régionaux. « Ce New Deal n’est pas une option, mais une nécessité », a martelé Oumar Ndir.


